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Le bananier : sa fiche technique et les conseils d’entretien et de plantation

De son nom scientifique « musa », le bananier est une grande herbe à l’allure d’arbre, originaire des régions tropicales et subtropicales où il est essentiellement cultivé comme produit vivrier. Certaines espèces, très belles, peuvent être plantées, entretenues et hivernées pour décorer l’intérieur et embellir les jardins.

Le bananier

Selon leur variété, les bananiers peuvent donner de magnifiques fleurs rouges ou jaunes et de petits fruits roses non comestibles, ou produire des fruits comestibles comme la succulente banane douce et la banane plantain, qui constituent des produits d’exportation pour certaines régions au climat chaud et humide. Le bananier est très délicat à cultiver en régions tempérées. Il nécessite de ce fait une attention toute particulière pour l’avoir toute l’année car sa durée de vie n’est garantie que sous certaines conditions. On peut le cultiver dans le jardin, en serre, dans la véranda et en appartement avec des précautions à prendre en fonction des saisons et des espèces. Si les bananiers subtropicaux, résistants au froid, peuvent s’adapter à la culture en plein air dans les jardins, les bananiers d’origine tropicale ne tiennent dehors qu’en été puisqu’ils sont gélifs et meurent sous le gel hivernal.

Le choix de l’espèce à cultiver

Le choix de l’espèce de bananier à planter est fonction des besoins à combler ou des objectifs à atteindre. On distingue les bananiers par leur nature vivrière ou purement ornementale, par leur rusticité et par leur taille. Au niveau de leur résistance au froid, il y a une température minimale supportée sans aucune protection et un seuil de température atteint avec une bonne protection hivernale. Quant à la taille, il faut distinguer la hauteur du bananier à l’âge jeune et sa taille à l’âge adulte si aucun problème de croissance n’advient. Parmi les bananiers vivriers, on peut citer le bananier japonais appelé Basjoo saporo qui est le plus rustique des bananiers vivriers car il peut supporter -10°C sans protection et tenir jusqu’à -19°C s’il est bien protégé durant l’hiver. Sa taille passe de 3 m la première année à plus de 6 m les années suivantes. Il y a aussi le bananier Helen’s hybrid, issu du croisement du sikkimendis et du chini-champa, non gélif, pouvant supporter jusqu’à -10°C /-12°C et peut passer de 2 à 6 m. L’espèce Hajaray hybrid, issu du croisement du sikkimendis et du rajapuri, n’a pas de graines dans sa chair et développe une très bonne résistance (-10°C à -12°C), passant de 2 à plus de 6 m de hauteur. Enfin, la Musa nana (ou Acuminata dwarf cavendish) résiste à une température de -10°C à -12°C et fait 2 m à l’âge adulte pour donner de belles bananes vertes qui jaunissent en mûrissant.

Au nombre des bananiers ornementaux, nous avons le bananier coccinea originaire de Chine qui est très prisé à la fois pour sa petite taille (0,80 cm à 1,5 m) et pour sa splendide fleur rouge qui en fait une belle plante d’ornement résistant jusqu’à -15°C. La Musilla lasiocarpa ou lotus d’or peut avoir plusieurs tiges courtes produisant une grosse fleur jaune et supportant jusqu’à -10°C avec une hauteur de 1,5 à 3 m. L’espèce Ensete glaucum ou wilsonii est très grande avec ses 10 m, pousse aussi en altitude et résiste jusqu’à -10°C. La variété Ensete superbum, avec un tronc bleu-clair et un feuillage vert-clair, supporte jusqu’à -5°C et est haut de 1,5 m à 3 m maximum. La Musa ventricosum maurelii, originaire de l’Ethiopie, a de grandes feuilles rouges et vertes et peut atteindre 3 à 10 m sous une température de 3°C.

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Savoir préparer le sol ou le mélange de plantation

Les bananiers qui nous viennent des régions subtropicales seront idéalement plantés en plein air directement dans le sol du jardin ou mis dans un pot en serre froide, alors que les bananiers tropicaux seront plus à l’aise en pot à l’intérieur de l’appartement, en serre chaude ou dans la véranda avec beaucoup de lumière. Pour qu’un sol accueille un rhizome (souche ou motte) de bananier, il faut creuser un grand trou deux à trois fois plus large que la souche du bananier. Veiller au drainage en plaçant des pierres, des billes d’argile ou des débris de poterie au fond du trou. Faire ensuite un mélange de plantation qui sera constitué d’une couche de terre du jardin, de terreau, de fumier décomposé et de sable à gros grains non calcaire. Mouiller le sol abondamment avant et après avoir mis le rhizome en terre. S’assurer que le sol est bien compact après. Pour le savoir, il suffit d’essayer d’enfoncer un doigt bien protégé par un gant dans le sol, si c’est difficile c’est que le sol est refermé de façon compacte et qu’il faut damer un peu le sol. Faire le premier arrosage jusqu’à ce que l’infiltration ralentisse. Cette culture en plein sol se fait idéalement entre le 15 mars et le 15 septembre. Pour la culture en pot en appartement, il faut remplir le fond du pot de gravier ou de billes d’argile saturées d’eau pour maintenir une humidité permanente sous le pot. Planter ensuite la souche de bananier avec un mélange riche de terreau, de fumier décomposé et recouvrir encore de graviers.

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L’entretien du bananier en toutes saisons

L’entretien du bananier consiste à l’arrosage, à l’hivernage, à l’apport en engrais et à la lutte contre les maladies et les parasites. Très gourmand, le bananier nécessite un arrosage régulier (3 à 4 fois par semaine) pour maintenir le substrat toujours humide mais sans exagération pour éviter la pourriture des racines. En hiver, lorsque les feuilles s’affaissent, il faut couper le tronc entre 15 à 25 cm du sol, mettre une importante couche de paille sur la souche sans l’étouffer et recouvrir l’ensemble par un voile d’hivernage en prévoyant des trous d’aération. A la fin des gelées au printemps, retirer le voile et remuer le sol pour permettre la bonne infiltration des eaux d’arrosage. Concernant les engrais, le bananier a besoin de plus de phosphore quand il est jeune. En période de croissance, il lui faut de l’engrais à forte teneur d’azote, le potassium lui est nécessaire pour ses fleurs et ses fruits. Au chapitre des maladies et ennemies, le bananier peut souffrir de l’action des escargots, des acariens, des nématodes, de la maladie du Panama et des chenilles perforatrices. Pour lutter contre ces perturbateurs, il existe des astuces ou des produits phytopharmaceutiques très efficaces qui doivent être conseillés par des spécialistes. Les escargots peuvent être chassés par la cendre ou la sciure de bois. Les acaricides (Akabar, Peropal, Mitac, Kelthane et Tétrafol) viennent à bout des acariens, les nématicides (Némacur, Némastop, Vydate, Ruby et Mocap) neutralisent les nématodes, la maladie du Panama est soignée par du Fusarium. Le traitement au Decis, Dursban ou Cymbush stoppe l’invasion des chenilles.

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